29
fév
08

On renégocie ?

« M. Sarkozy, qui promet depuis son discours de Cotonou en 2006, la “rupture” avec les pratiques controversées de ses prédécesseurs dans la région, veut la “renégociation de tous les accords militaires de la France en Afrique”. Une fois renégociés, les nouveaux accords seront publiés “dans la transparence”, a-t-il promis. » Cit. AFP. Le texte intégral du discours ici.

C’est donc que jusque là ce n’est pas très transparent ! Voilà un propos qui vaut son pesant de dénégations politiques et médiatiques, assénées régulièrement en termes de « la Françafrique c’est du passé ».

Le Journal Soir 3 de France 3 d’hier 28 février et le commentaire de son reportage avait plein la bouche du mot « Françafrique », comme si on voulait nous assurer que désormais, cette fois-ci juré-craché, c’est bien du passé…

Qui vivra verra ! Et en attendant…


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Césaire :

« Chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et [...] au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : “Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)