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Obama — Pourquoi Ma’ariv tombe-t-il dans le racisme ?

 

 

 

S’ingérant dans la campagne électorale américaine, le quotidien israélien Ma’ariv vient de commettre un dérapage qui n’est pas piqué des vers ! Raciste tout simplement !

La question est : pourquoi ?

Pourquoi « noircir » Obama — car c’est de cela qu’il s’agit ! — en le présentant ignominieusement en train de « noircir » la Maison Blanche ?

 

bobama-maariv.jpg

 

Le dérapage raciste est complet, et bien lourd !

On sait que les Clinton ont momentanément tenté de faire de leur adversaire démocrate un candidat communautaire « noir ». Mal leur en a pris : c’est là qu’Hillary a le plus nettement décroché !

Hillary Clinton serait donc bien inspirée de dénoncer cette sortie du quotidien israélien, ce dérapage raciste : la caricature, circulant sur le net, n’a pas échappé aux Américains.

Ses effets immédiats pourraient être inverses à ceux escomptés : amener Obama, à l’heure où Clinton limite son décrochage au Texas et en Ohio, à se refaire une santé auprès des électeurs américains attachés à Israël et qui veulent éviter de voir rejaillir sur eux une telle honte : non seulement un journal israélien s’ingère de façon intempestive dans la campagne d’un pays souverain, les États-Unis, mais le fait en optant pour le racisme, dont précisément les États-Unis sont en train de montrer au monde qu’ils en ont triomphé ! — Bref, Ma’ariv semble tout faire pour tirer les États-Unis vers les démons qu’ils ont exorcisés !

Les Américains n’ont pas oublié qu’Obama est le fruit en train d’éclore du combat de Martin Luther King, dont on célèbre le quarantenaire de sa mort. Ils n’ont pas oublié que le pasteur combattant des droits civiques, avait rassemblé auprès de lui des hommes et des femmes de toutes origines et confessions autour de ce cri d’espoir : la venue du jour où « tous les enfants de Dieu, les noirs et les blancs, les juifs et les païens, les catholiques et les protestants, pourront se tenir par la main et chanter les paroles du vieux spiritual” noir : “Libres enfin. Libres enfin. Merci Dieu tout-puissant, nous voilà libres enfin.” »

Mauvais calcul aussi à plus long terme, au plan international : on ne peut s’empêcher de penser que Ma’ariv, à travers son dérapage raciste, laisse paraître qu’il fait le choix de Fox News (cf. ici) : Clinton plutôt qu’Obama face à McCain (les conservateurs proches de Fox News se passeraient sans doute volontiers d’un allié encombrant émettant des dessins racistes !).

Il n’a probablement pas échappé à Fox News, ni à Ma’ariv, que Clinton a, contre McCain, moins de chances de l’emporter qu’ Obama.

On ne peut s’empêcher de penser qu’attaquer Obama, c’est souhaiter McCain : c’est évidemment de bonne guerre de la part de Fox News, c’est un très mauvais calcul de la part d’un quotidien israélien, qui laisse à penser qu’il veut, comme l’annonce McCain, des États-Unis en guerre. Pour une nouvelle fuite en avant vers un choc des civilisations ? Ne cesser de radicaliser les ennemis de la paix — ce qui ne peut que mettre en péril Israël !? Cela sans compter que s’il était élu, McCain aurait à compter avec son opinion publique, qui n’aspire qu’à sortir du bourbier où Bush a fourré le pays. La chose sera d’autant plus facile — et d’autant plus profitable à Israël — qu’elle aura été annoncée : Obama est le seul candidat qui annonce clairement une reconsidération de la politique proche-orientale des États-Unis.

Mais ces considérations ne doivent pas nous détourner du scandale dont il s’agit : la caricature de Ma’ariv est raciste, tout simplement.

Et en outre le racisme, s’il est protéiforme, n’en est pas moins une seule hydre, qui tôt ou tard s’acharne sur toutes ses victimes traditionnelles, ne nous leurrons pas : « quand vous entendez dire du mal des juifs, tendez l’oreille, on parle de vous », disait Frantz Fanon aux « noirs ». Une vérité qui vaut dans les deux sens, et qui n’a pas échappé aux juifs américains, qui militaient antan auprès de Martin Luther King.

Pourquoi ?!… Pourquoi donc cet affreux dérapage raciste de Ma’ariv ? On en reste coi ! C’est sans doute ce qui explique le silence assourdissant qui semble entourer cette honte : on en est abasourdi !

Mais passé le temps du choc, on attend à présent les plus fermes condamnations, tant israéliennes qu’américaines.

 

 


3 Réponses vers “Obama — Pourquoi Ma’ariv tombe-t-il dans le racisme ?”


  1. Mercredi 5 mars 2008 à 11:31

    Quand on voit/entend ce genre de choses dans les hautes sphères, on se dit qu’on n’est pas encore sorti de l’auberge…

    Tiens, une petite réflexion que je me suis faite à propos des primaires américaines et sur la “négritude” d’Obama mise sur la table des enjeux politiques et polémiques… Il y a quelques années, un “certain” Jesse Jackson c’était présenté lui aussi à l’investiture… Pourquoi a-t-on ou plutôt nous donne-t-on l’impression que B. Obama est le premier “noir” à toucher du doigt la présidence ?

    J’aimerai bien avoir ton avis sur la question. :-)

  2. Mercredi 5 mars 2008 à 1:42

    J’imagine que, puisqu’il n’avait pas obtenu l’investiture, on classe la candidature de Jessie Jackson comme une sorte de non-événement (j’ose espérer que cela n’est pas de l’ordre de : le “risque” était minime !?) ! Et j’espère que tout cela n’indique pas que les choses ne se seraient pas améliorées depuis : faut-il qu’on sorte d’un monde malade pour faire une affaire (ou a contrario, un non-événement dont on ne penserait pas moins), du taux de mélanine d’un candidat ! Il me plait de penser que les États-Unis n’en soient plus là.

  3. Jeudi 6 mars 2008 à 11:09

    C’est une honte en effet et je m’étonne de n’en avoir pas entendu parlé par ailleurs. Outre les condamnations, nous attendons aussi de explications!


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« Chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et [...] au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : “Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)