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mar
08

Quel est le point commun entre la Françafrique et les anciens combattants ?

 

 

Point commun entre Françafrique et anciens combattants : les deux sont toujours au passé…

 

La « promotion » de Bockel prouve donc au moins une chose : Sarkozy (à moins que ce ne soit Bongo & Cie) a le sens de l’humour.

C’est la seule surprise de la mésaventure Bockel. Pour le reste rien d’étonnant : Bockel a fait son usage. Prouver au yeux du monde que Sarkozy voudrait bien, mais qu’y’n peut point !

Il l’avait peut être promis, mais il ne peut pas rompre avec la Françafrique : c’est « les Africains » — et en nombre : ils sont trois ! (Bongo, Sassou, Biya) — qui ne veulent pas…

On se souvient qu’à l’époque des accords de Marcoussis, on ironisait en France sur l’avenir ministériel de Villepin… qui n’a pas bougé d’un pouce. Ré-engoncer de force la Françafrique en Côte d’Ivoire via Marcoussis, quels qu’en soient les contrecoups, loin de lui valoir d’être mis au rancart, ne pouvait que lui valoir des satisfecit unanimes ! (Contrairement à ce qu’a pu nous faire imaginer « Le Parisien » — en illustration)…

 

villepin-rapatries.jpg

 

Quant à Bockel, tant qu’à s’occuper du passé, si ce n’est pas la Françafrique, concept toujours au passé, ce sera les anciens combattants, forcément au passé eux aussi…

 

 

*

 

“Revenons à nos moutons…
… Et les vaches seront bien gardées…”

Peut-être serait-ce là la leçon du coup du Bockel dans la marre à Bongo !

Voilà que Bongo se met en colère parce que Bockel annonce qu’il faudrait en finir avec la Françafrique.

Voilà une stratégie remarquable où le porte-voix gabonais des résidents de l’Élysée reprend du service.

Omar Bongo premier visiteur africain… à l’Élysée justement, après l’installation de son nouveau résident. Et premier visité africain du même résident, ou presque, après Wade pour le coup de Dakar et son discours mémorable…

Peu après le beau-père (Sassou) de cet Omar-là, déclare que s’interroger sur la provenance de ses nombreuses et prestigieuses résidences parisiennes, c’est du colonialisme (sic) — si ce n’est ce qu’on appelle ne pas manquer de toupet !…

Sur ces entrefaites, le résident de l’Élysée a offert un vibrant hommage à Foccart, père, ou à peu près, de la Françafrique. Exit la promesse électorale sarkozienne, faite depuis le Bénin, de rupture avec les anciennes pratiques (promesse, qui comme d’autres promesses, n’engage que ceux qui la croient — et qui a été faite par presque tous les présidents de Ve République avant leur élection ; chacun pouvant dire par la suite « la Françafrique, c’est du passé »).

Une fois élu, on passe aux choses sérieuses.

C’est ici que Bockel (qui n’a pas manqué il y a quelques mois d’expliquer les mérites du discours de Dakar – sic) — c’est ici que Bockel et Bongo prennent du service :

Bockel explique que la Françafrique doit être dépassée, et Bongo (qui avec son beau-père Sassou et quelques autres dinosaures sont les seuls sur le continent à tirer bénéfice de ce bazar), Bongo qui se met à se prendre pour « les Africains » à lui tout seul, pique une crise de nerf et demande en trépignant le maintien de la Françafrique, pour le bonheur des Africains (c’est-à-dire concrètement : le sien et celui de son beau-père, qui rouspète avec lui).

Une question au lecteur : Sarkozy va-t-il dire : le ministre français Bockel (socialiste transfuge de surcroît) a raison à lui tout seul contre « les Africains » ? Ou va-t-il dire : ceux qui pensent ce que Bockel vient de dire, vous voyez bien que vous avez tort : « les Africains » eux-mêmes (= Bongo) sont ceux qui demandent la maintien de la Françafrique ?

Tel est le chemin de la promesse électorale (qui n’engageait que ceux qui la croyaient) et le retour à nos moutons, la Françafrique…

Et quid des vaches bien gardées ? me direz-vous peut-être…

Là c’est la boulot de cet autre copain africain de Sarkozy : Khadafi.

 

*

 

Pas plus tard que ce matin (31.01.08) sur France Culture l’ambassadeur de France au Sénégal, le romancier Jean-Christophe Ruffin, répondait à son interviewer — soulignant que lui n’est plus de ceux qui pratiquaient la langue de bois —, que « la Françafrique ce n’est plus vrai » (en substance).

Précisons pour le lecteur que le concept de Françafrique se décline toujours au passé (tout comme la langue de bois). Ruffin ne fait pas exception. Il nous annonçait ce matin que lui est «vierge de tout cela».

Bref, on sait désormais au moins deux choses :
- l’ambassadeur de France au Sénégal ne fait pas lui-même son marché : il n’a pas remarqué le FCFA !
- l’ambassadeur de France au Sénégal ne lit pas Le Monde, ni le blog de Théophile Kouamouo : il ne sait donc pas que la police française vient de donner raison aux associations de résistance contre la Françafrique (au présent) à propos des résidences parisiennes et autres richesses exorbitantes des dictateurs africains amis de notre pouvoir — à commencer par celui (Bongo) qui clamait il y quelques jours que la Françafrique c’est pour le bien des Africains !

 

 


1 Réponse vers “Quel est le point commun entre la Françafrique et les anciens combattants ?”


  1. Samedi 29 mars 2008 à 4:46

    Te voilà officiellement afriktagué très cher ! Les explications ici : http://espace-prive.over-blog.com/article-18215704.html
    :-)


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Césaire :

« Chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et [...] au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : “Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)