chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Aujourd’hui, en France, on célèbre Césaire. En 2004, l’armée française a tiré sur des manifestants désarmés à Abidjan. Et en France, on a…
… La parole de Césaire restant vivante et actuelle…
l’on nous vendait sur les places et l’aune de drap anglais et la viande salée d’Irlande coûtait moins cher que nous, et ce pays était calme, tranquille, disant que l’esprit de Dieu était dans ses actes.
Cahier d’un retour au pays natal


Ta première citation me ferais presque pleurer tant elle fait echo à la rage que me provoque ce qui se passe actuellement dans le monde…
Eh oui, Madison. J’ai cité 2004 parce que c’est concrètement frappant, et notamment sur le “en France on accepte”. Mais cela n’a pas cessé après, et on continue d’accepter… Sauf emballement sur des causes médiatiques, ce qui a pour effet certain de rassurer notre bonne conscience “anti-repentante”.