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juin
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L’avocat des familles des soldats français tués à Bouaké veut en savoir plus…

 

 

Lu sur Le blog de Théophile Kouamouo : un article sur l’enquête de Fabrice Lhomme publiée par Mediapart. Une enquête pour l’instant entourée du silence des grands médias français. Extraits sur le site de Mediapart :

 

 

«L’enquête sur le bombardement de Bouaké se heurte à la raison d’Etat
18/06/2008 – 15:36
Fabrice Lhomme
En novembre 2004, deux avions Sukhoï bombardent une base militaire française à Bouaké, en Côte d’Ivoire, tuant neuf soldats et un civil américain. Le président ivoirien Gbagbo nie toute implication. Qui a donc donné l’ordre? En refusant de déclassifier le rapport de l’ancien ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, le gouvernement relance les questions sur l’attitude de l’Etat français. Mediapart révèle les dépositions du général Henri Poncet et de plusieurs autres acteurs clés de cette affaire. Pourquoi l’Etat français a-t-il donné l’ordre de laisser filer des mercenaires soupçonnés d’être impliqués dans le bombardement? Pourquoi l’armée, qui surveillait en permanence ces Sukhoï, n’a-t-elle pu empêcher l’attaque? Lire également les explications de Dominique de Villepin au juge et un entretien avec un avocat des familles de soldats: “Michèle Alliot-Marie doit être entendue”.»

 

«Pour l’avocat des familles de soldats, «Mme Alliot-Marie doit s’expliquer»
18/06/2008 – 15:58
Fabrice Lhomme
Avocat pugnace et atypique, Me Jean Balan défend une vingtaine de familles de victimes du bombardement de Bouaké. Candidat à l’élection au bâtonnat de Paris, qui se déroule cette année, il annonce à Mediapart son intention de demander l’audition de Michèle Alliot-Marie.»

 

Quelques éléments qui ressortent — voir les détails sur Le blog de Théophile Kouamouo — :

Fabrice Lhomme écrit, à propos des « recommandations de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) [de ne] pas déclassifier le rapport de fin de mission de l’ancien ambassadeur de France à Abidjan, Gildas Le Lidec » :
« Ce document, qui couvre la période 2002-2005, l’Etat le couve jalousement. (…)
Depuis le début de l’enquête, tout se passe comme si l’Etat français avait quelque chose à cacher dans cette affaire dont on sait désormais presque tout… hormis l’essentiel : qui a donné l’ordre de bombarder, le 6 novembre 2004, une position française basée dans le lycée Descartes de Bouaké ».

Me Balan, avocat des familles des soldats tués, commente :
« c’est la première fois que la CCSDN refuse de déclassifier un document. Parfois, on a eu du mal à obtenir la levée du secret défense, d’autres fois on a obtenu au minimum une déclassification partielle… C’est pourquoi je suis à la fois très surpris et interrogatif. Cette décision entraîne toutes sortes de suppositions. Visiblement, on touche au secret d’Etat. »

Me Balan affirme : « on sait maintenant à 95% que cela ne vient pas de Gbagbo. Il y a de nombreux témoignages qui le confirment. »

Et à la question de Fabrice Lhomme : « En clair, vous n’excluez pas que la France soit complice d’une affaire qui aurait pu être le prétexte idéal pour se débarrasser de Laurent Gbagbo? »,

Me Balan répond : « C’est une hypothèse comme une autre. Cette interrogation, je ne suis pas le seul à la soulever. Des militaires mais aussi la justice maintenant se posent la question. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas en l’état d’explication rationnelle à l’attitude de la France depuis le bombardement.»

Et l’avocat de « demander l’audition de Michèle Alliot-Marie […]. Elle s’est exprimée dans la presse pour dire pourquoi on avait laissé filer les mercenaires. Or, le dossier établit que ses justifications sont non seulement insatisfaisantes, mais surtout inexactes. Mme Alliot-Marie doit s’expliquer. »

Le témoignage du Gal Poncet parlant de l’exfiltration des mercenaires slaves confirme les interrogations:
« “Je n’avais pas du tout envie de lâcher ces personnes”, a confié le général Poncet à la juge [Florence Michon], indiquant avoir reçu “cette instruction par deux canaux différents. D’une part le canal diplomatique, d’autre part le canal militaire. C’est l’ambassadeur de France qui m’a fait savoir qu’il fallait remettre ces personnes au représentant de la Russie.”
Le général dit avoir reçu l’ordre formel de libérer les mercenaires du général Emmanuel Beth, commandant du Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO). “Le général Beth n’a pu que me retransmettre un ordre qu’il avait lui-même reçu, il n’a pas pris d’initiative sur ce plan-là”», a cru bon de préciser le général Poncet. »

 

 

 


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Césaire :

« Chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et [...] au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : “Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)