23
juil
08

Affaire Kieffer : effet Tchimou ?

“Affaire Kieffer: le juge saisit un dossier à l’Élysée”

AFP mercredi 23 juillet 2008 — http://news.abidjan.net/h/298508.html :

“PARIS – Le juge chargé de l’affaire Kieffer s’est rendu mardi (BIEN mardi) à l’Elysée où il s’est fait remettre des documents relatifs à la disparition du journaliste Guy-André Kieffer à Abidjan en 2004, a-t-on appris mercredi auprès des parties civiles et de l’Elysée.
“Un juge d’instruction s’est présenté hier rue de l’Elysée. Il lui a été remis volontairement un dossier archivé relatif à l’affaire Kieffer”, a-t-on indiqué à l’Elysée, précisant qu’il s’agissait d’un “transport sur les lieux”
et non d’une perquisition.
Le juge Patrick Ramaël et sa greffière se sont présentés en début d’après-midi à la cellule diplomatique de la présidence, au 2 rue de l’Elysée, a de son côté affirmé une source proche du dossier.
Sur place, le magistrat s’est fait remettre un dossier comprenant de nombreux télégrammes diplomatiques ainsi que des notes des services de renseignement. Ces dernières, classées secret-défense, ont été mises sous scellées.
“Le fait que le juge soit allé à l’Elysée, qu’il ait saisi le dossier, montre qu’il est en train de secouer le cocotier et qu’il s’intéresse aux informations que pouvaient détenir les autorités françaises”, a déclaré à l’AFP Bernard Kieffer, frère du disparu et partie civile dans le dossier.
Journaliste indépendant enquêtant sur diverses malversations en Côte d’Ivoire, notamment dans la filière cacao, Guy-André Kieffer a été enlevé le
16 avril 2004 à Abidjan. Il aurait été abattu par ses ravisseurs. Son corps n’a jamais été retrouvé.
Ce transport du juge Ramaël est le premier déplacement connu d’un juge d’instruction à l’Elysée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.
Durant les derniers jours de Jacques Chirac à l’Elysée, les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia avaient vainement tenté de faire une perquisition à l’Elysée, le 2 mai 2007, dans le cadre de leur enquête sur d’éventuelles pressions politiques sur la justice dans l’affaire Borrel.”


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Césaire :

« Chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et [...] au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : “Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)