12
mar
09

Bongo. C’est pas rigolo !

Copains comme cochons, au sein de la Françafrique, dont on annonce périodiquement le décès, comme le retour du serpent de mer. Histoire d’entretenir comme celui du Lockness, le serpent qui ne se conjugue jamais qu’au passé

Copains comme cochons, sauf que la Françafrique n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts — ça c’est quasiment officiel. Là, ils sont énormes, dit-on.

Plus énormes qu’encombrants, jusqu’au jour où l’encombrement risque de devenir gênant pour l’énormité des intérêts.

Alors, quand le bénéfice de la légende du serpent de mer de la Françafrique au passé rejoint l’encombrement du copain comme cochon… il n’y aura aucune gêne à le lâcher.

Comme quoi être un fidèle soutien du serpent de mer n’offre pas la garantie d’une retraite assurée !

C’est à se dire que ruer dans les brancards, jusqu’à traiter de rigolo le copain fidèle comme cochon, n’est au fond pas si cher payé… pourvu qu’on se résolve à finir par faire le gros dos !

Et ça, c’est pas rigolo !


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Césaire :

« Chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et [...] au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : “Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)