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Des Antilles à Césaire

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Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme


Auteur/Réalisateur : Aimé Césaire, Daniel Delas
Éditeur : Ina/Textuel
Date de parution : 19 mars 2009
Durée : 1h
Prix : 24.9 €
Producteurs : Ina/Textuel

Resumé :

17 juillet 1989 : Antoine Vitez insuffle à la lecture du Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire la rigueur rageuse de ce réquisitoire sans haine ni pathos, imprégné d’humour et d’amour. On y entend l’humanisme de Césaire et l’on redécouvre avec émotion la force d’un texte écrit au début des années 1950. Il pose, aujourd’hui encore, la question coloniale que l’Occident n’a pas su affronter. Vitez se fait l’écho du poète engagé dans le combat de la négritude, porte-voix de millions d’individus que l’hypocrisie européenne et le mensonge collectif ont littéralement écrasés. Indignation, dénonciation et humour grinçant  donnent à ce discours l’accent d’une satire. La décolonisation des esprits, comme le note Daniel Delas dans son commentaire, n’a pas encore eu lieu. Dans un contexte politique centré sur les questions d’identité nationale et d’immigration, cette lecture en rappelle l’urgence.

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Antilles : Aimé Césaire avait tout prévu, juge Alain Mabanckou

Publié le 01 mars 2009 par Actualitté

Alors qu’hier se tenait sur la place de la Nation, à Paris, une manifestation impulsée par CollectifDom, en soutien à nos compatriotes d’outre-mer, l’auteur Alain Mabanckou, enseignant à UCLA, la fac de Californie, livrait son point de vue à nos confrères du Monde.

Selon lui, la situation de crise que l’on connaît avait été pensée et prévue par Aimé Cesaire, ce « grand poète martiniquais ». « Il faut relire le Cahier d’un retour au pays natal, Césaire y parle du ‘cri’ du peuple antillais. Il explique le désespoir d’une communauté dont les conditions de vie sont si éloignées de celles de la métropole. De même, tout était en germe chez un autre Martiniquais comme Frantz Fanon », explique Alain.

Les 200 euros d’augmentation prévus pour les bas salaires ne combleront pas le respect dû, ajoute-t-il. Selon lui, il faut avant tout savoir « comment prendre les Antillais pour des Français à part entière et non pour des Français entièrement à part ». L’auteur qui a publié récemment Black Bazar au Seuil, porte dans ce livre un regard justement sur « les Noirs qui vivent en France ».

Contrairement à la situation américaine, où l’esclavage a drainé la population, les voies d’arrivée en France des Noirs sont complètement différentes. Et d’ajouter que « les Noirs qui vivent en France sont peu connus des Français. On a tendance à dire ‘les Noirs’, comme s’il s’agissait d’une communauté ».

Dans Black Bazar, il a justement souhaité « regarder à l’intérieur de ce monde. Essayer de comprendre comment un Noir peut haïr un autre Noir, comment certains Noirs légitiment ou magnifient la colonisation… Bref, voir quel est l’état actuel de la conscience noire. »

Voir aussi sur le blog de St-Ralph : “Les Antillais et nous“.


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Césaire :

« Chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et [...] au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : “Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)