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Madagascar. Désespérant

Voilà un président élu aux prises avec son “opposition”, à en croire les médias français unanimes.

“Opposition”, certes, c’est le moins qu’on puisse dire ! Mais qui a quelle autre légitimité démocratique que celle de tous les putschistes ? C’est-à-dire : aucune !

Et nos médias unanimes qui renvoient tout le monde dos-à-dos, au prétexte d’une gouvernance en question, avec au cœur de cela la fermeture de la radio privée du maire à présent autoproclamé Président, qui faisait de ladite radio son instrument pour son putsch.

À transférer en France : le maire de Paris, bientôt rejoint par l’armée, renverse le Président de la République au prétexte que la gestion des biens de l’État semble lui bénéficier parfois et au prétexte que ses rapports avec telle radio ou télé posent question…

Sans élection aucune, ledit maire se proclame “Président”, et les médias étrangers et amis l’appellent “opposition” – sans jamais évoquer l’idée qu’il pourrait s’agir d’un putsch !

Et nul ne s’étonne !

Ah si, on s’étonne quand même aux liens suivants, de ce qui pose les questions que l’on peut lire ici :

http://pian.ivoire-blog.com/archive/2009/02/09/pleure-tana.html

http://pian.ivoire-blog.com/archive/2009/03/10/madagascar-le-dj-prend-le-maquis-la-france-se-devoile-l-onu.html

http://chroniquesenegalaises.ivoire-blog.com/archive/2009/03/16/une-diplomatie-d-inspiration-fasciste.html

http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2009/03/17/ravalomanana-s-en-va-victoire-du-chantage-militaire.html

Et on se demandera sans doute, par la suite, pourquoi l’Afrique tourne en rond ! Quel avenir démocratique dans un tel contexte ?

Impression pour laquelle je ne vois que cette question : peut-on désormais distinguer sa droite de sa gauche ?  Une illustration : “swimming in a fish bowl”…

Ou alors, qu’on m’explique !

So, so you think you can tell Heaven from Hell,
blue skies from pain.
Can you tell a green field from a cold steel rail?
A smile from a veil?
aquariumDo you think you can tell?
And did they get you to trade your heroes for ghosts?
Hot ashes for trees?
Hot air for a cool breeze?
Cold comfort for change?
And did you exchange a walk on part in the war for a lead role in a cage?
How I wish, how I wish you were here.
We’re just two lost souls swimming in a fish bowl, year after year,
Running over the same old ground.
What have you found? The same old fears.
Wish you were here.


4 Réponses vers “Madagascar. Désespérant”


  1. Mardi 17 mars 2009 à 11:01

    Ce qui se passe à Madagascar est triste pour l’Afrique. L’Afrique a mal à sa démocratie. La démocratie est contraire au culte de la pensée unique. La vitalité d’une démocratie ne mésure pas aux nombres de partis politiques existants. La démocratie c’est l’indépendance des différentes institutions qui concours à réguler la vie sociale, économiqe et ploitique. La démocratie c’est la liberté d’expression et surtout l’accès libre aux médias d’Etat et leur impartialité dans le traitement de l’information. Souvent ce sont ces manquements à ces principes qui ouvrent la porte aux véléités de coup d’Etat. Le Président de Madagascar est le seul responsable de ce qui lui arrive; il n’a pas entendu les cris de détresses de son peuple; il a confondu sa fonction de Président de la république et son métier d’homme d’affaire. Trouvez-vous normal qu’un Président de la république soit en même temps chef d’entreprise? L’intérêt de l’Etat Malgache ou ses propres intérêts?

  2. Mardi 17 mars 2009 à 12:31

    Dans ce cas, en démocratie, on attend les élections, me semble-t-il… C’est en tout cas ce qu’on prône dans d’autres pays, quand bien même il serait évident que le pouvoir en prendrait à l’aise avec le mélange des genres, la liberté de la presse, ou que sais-je.
    Quel avenir démocratique si qui le veut renverse le pouvoir élu ?… En général un cycle incessant de coups d’État où on se succède sans se gêner dans le mélange des genres, sachant l’avenir inéluctable…

  3. Mardi 17 mars 2009 à 1:11

    Merci de m’avoir permis de lire les analyses des différents blogeurs sur le sujet.

  4. Mardi 17 mars 2009 à 1:18

    Des analyses qui donnent un ton pluraliste, des voix qui diffèrent de l’unanimisme de nos médias faisant mine de ménager la chèvre et le choux. Mais qui est la chèvre, qui est le choux ?


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Césaire :

« Chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et [...] au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : “Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)