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Kieffer &…

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“Kieffer: fin de la mission parisienne des juges ivoiriens sans inculpation”

Vendredi 21 août 2009 – Par AFP – http://news.abidjan.net/h/340758.html :

ABIDJAN – La mission de magistrats ivoiriens en France dans le cadre de l`instruction sur la disparition du journaliste Guy-André Kieffer en 2004 en Côte d`Ivoire s`est achevée vendredi sans les mises en examen souhaitées par le parquet d`Abidjan, a-t-on appris de source judiciaire.

“La mission est finie, les collègues rentrent aujourd`hui (vendredi)”, a déclaré à l`AFP le procureur de la République d`Abidjan, Raymond Tchimou.

“On a beaucoup de pistes. Nous comptons clôturer le dossier” en septembre, a ajouté le procureur, qui avait conduit cette délégation de magistrats au début du mois à Paris, dans le cadre d`une commission rogatoire internationale sur la disparition du journaliste franco-canadien.

Selon lui, “une dizaine de personnes” ont été entendues, dont Eric Latham, Stéphane de Vaucelles et Robert Dulas, des Français qui avaient dirigé une société d`expertise sur le cacao pour laquelle Kieffer avait travaillé comme consultant.

M. Tchimou avait indiqué début août souhaiter la mise en examen de ces trois hommes pour explorer la “piste française” évoquée par Abidjan.

“Nous avons accusé un retard dans l`acheminement du dossier à nos collègues français (…) visant à l`inculpation de ces personnes”, a-t-il expliqué, prévoyant de “relancer la procédure une autre fois”.

Un quatrième ancien responsable de la société d`expertise Commodities Corporate Consulting (CCC), Jean-Michel Aron-Brunetière, avait été inculpé fin juillet par la justice ivoirienne, de même qu`un autre Français vivant aussi à Abidjan, Jean-Yves Garnault, conseiller du président ivoirien Laurent Gbagbo et proche du disparu.

Ces inculpations étaient intervenues quelques jours après qu`un nouveau témoin, Alain Gossé, se présentant comme un major de l`armée ivoirienne, avait mis en cause l`entourage de la Première dame Simone Gbagbo dans la disparition de “GAK”, dans un entretien diffusé à la télévision française.

Ce témoin n`est pas militaire et il est de nationalité burkinabè, a assuré à l`AFP le commissaire du gouvernement (procureur militaire) Ange Kessi, indiquant avoir “saisi” le parquet civil en vue de délivrer un mandat d`arrêt international contre lui “pour escroquerie, faux et usage de faux en uniforme, faux grade, faux et usage de faux”.

Cette demande est en cours de “traitement”, a précisé le procureur Tchimou.

Guy-André Kieffer a été vu vivant pour la dernière fois le 16 avril 2004 sur un parking d`Abidjan, alors qu`il avait rendez-vous avec Michel Legré, beau-frère de Mme Gbagbo. Son corps n`a jamais été retrouvé.


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Césaire :

« Chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et [...] au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : “Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. » (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)