Que ne ferait-on pas pour cette denrée rare au point d’en être inaccessible, en ces temps de ministère de l’Identité nationale d’un certain Besson qui, dit-on (mais lui soutient le contraire), fait poursuivre quiconque s’est montré solidaire avec des candidats (non estampillés) à l’immigration — le même Besson qui en son temps incitait le PS à rompre avec les socialistes de Côte d’Ivoire sous prétexte qu’on y était trop peu ouvert à l’égard des immigrés!
Que ne ferait-on pas pour cette denrée rare — visa ! — quand on sent, à l’approche des élections ivoiriennes, rôder les guetteurs de «scoops» opportuns contre une Présidence ivoirienne qui a réduit leur prestige journalistique à son vrai niveau : porte-parole de l’état major de la République (ex- ou néo-)coloniale.
Parlant d’état major, voilà donc un «major» de l’armée ivoirienne (mais qu’est-ce que ce grade dans l’armée ivoirienne ?), emboîtant le pas à un «évadé par négligence», qui nous livre un «scoop» redisant que Kieffer a été tué, mais suite à une «bavure», «scoop» dont le message essentiel est que «Madame Gbagbo n’est pas trop impliquée» (sic ! – écrit, après la citation, Fabien de Ménilmontant, qui suit de près depuis longtemps les développements de l’affaire Kieffer).
Car le «scoop» concerne bien sûr l’affaire Kieffer, et le visa son nouveau témoin, le «major» Alain Gossé [*], successeur, en la matière, du «chauffeur» Berté Seydou — les deux derniers de la chaîne desdits témoins. (Décidément il y avait du monde lors de cette «exécution» — désormais «bavure» — secrète ! Mais aucun de ces nombreux témoins ne semble savoir où est le corps…)
Hofnung, comme il se doit, s’est empressé de répercuter (dans Libé) ce énième «scoop», qui, comme les précédents, «est peut-être le premier vrai tournant dans l’enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien, Guy-André Kieffer, enlevé à Abidjan en avril 2004 et porté disparu depuis lors.» Cela pour conclure, naturellement, que «quoi qu’il en soit, les juges Patrick Ramaël et Nicolas Blot devront déterminer si trois officiers aussi proches de la présidence ivoirienne ont pu agir de leur propre chef.»
Parce que le «major», avec sa formule «Madame Gbagbo n’est pas trop impliquée», a tout de même rejoint ce qui est un des débouchés actuels : l’œil du cyclone s’éloigne de la Présidence, désormais «pas trop impliquée» ! Mais avec la façon dont la presse française, Hofnung en tête, s’est impliquée, elle, dans la dénonciation du pouvoir ivoirien (au moins autant que Hofnung s’était impliqué dans la défense du ministère français… de la Défense, justement — l’époque où il expliquait dans Libé que les chars français s’étaient trompés de route…) ; impliquée comme elle l’a été, la presse française est forcée de ne prendre ses distances avec ses affirmations précédentes qu’à petits pas.
Quand l’œil du cyclone s’éloigne de la Présidence ivoirienne, mais qu’on ne veut tout de même pas passer pour s’être trop leurré, on nous livre une nouvelle mouture de ces «scoops» sempiternels sur le sujet : «on n’avait pas trop tord, mais il s’agissait finalement d’une bavure»… Ce qui revient bel et bien, dans le «scoop» déniché par Joseph Tual pour France 3 — et n’en déplaise à Hofnung —, à une disculpation de fait de Madame Gabgbo et de la Présidence ! (Comme l’admet Hofnung, «selon [Gossé], le chef de l’Etat et son épouse auraient appris, après-coup, la mort de Kieffer». Évidemment, s’il s’agit d’une «bavure» advenue en leur absence !)
Gageons qu’on s’approche dès lors du moment où l’on se demandera si les enquêtes de Kieffer sur la filière café-cacao constituent vraiment un mobile pour le tuer, dans la mesure où l’usage des revenus d’un produit national, le cacao, peuvent en toute légitimité servir à l’achat d’armes par ce même pays, sans qu’il soit besoin pour cela de «malversations» !
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[*] Sauf que selon les sources de L’Intelligent d’Abidjan, “le Major Alain Gossé n’est pas connu dans les fichiers de la présidence. Il arbore un béret de caporal de la Firpac, une unité qui n’existe même plus”…
Ivoire News rapporte la même information, en précisant que selon “des responsables de l’armée ivoirienne”, il “se fait appeler ‘Alain Gossé’ (patronyme de la même ethnie que celle du président de la République) alors qu’en réalité, il se nomme Zinsonni Noubila Paul, né le 1er janvier 1960 à Bitougou, de père Zinsoni Lamine Nadiga et de mère Andou Lamifa selon certaines sources”…
Voir aussi sur Notre Voie, Le Temps, etc., etc.
Bref, on en est là : http://news.abidjan.net/h/338546.html !
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